Littérature 2007-2008

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2009-2010 2008-2009 / 2007-2008

DES ÉLÈVES HONORÉS POUR LA QUALITÉ DE LEUR PLUME

Lors de la 6e édition du concours littéraire de la commission scolaire, une dizaine d’élèves de 4e secondaire ont été reconnus pour l’originalité et le style de leur texte. Invités à composer sur le thème du Silence, les jeunes se sont livrés à l’écriture d’œuvres qui ont pris la forme de nouvelles, de poèmes ou d’extraits de journaux intimes.

Parmi la quarantaine de participants au concours, dix élèves ont remporté un prix « Coup de cœur » et une élève a décroché le prix « Progression ». En raison de la qualité exceptionnelle des dossiers présentés, le jury a accordé des positions ex aequo. Voici notre tableau d’honneur !

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À la lecture du texte de la récipiendaire Véronique Hamel de l’école secondaire Massey-Vanier, la richesse du vocabulaire et le style d’écriture digne des auteurs expérimentés témoignent de la qualité de sa plume. Son œuvre transporte le lecteur à coup sûr dans son univers et exploite de belle façon le thème du silence. Bonne lecture !

LE LOUP BLANC

Elle était là, seule dans le silence d’une nuit d’hiver. Le conducteur n’avait pas voulu l’amener plus loin. Elle restait donc debout, sur le bord du chemin, à attendre vainement une autre voiture. Si cela n’avait été que du froid intense, cela aurait pu aller, mais il s’ajoutait une neige lourde et dense qui tournoyait autour d’elle, brouillant les contours du paysage, le rendant étrangement fantomatique.

Alors qu’elle tournait sur elle-même pour se donner constance, elle aperçut une silhouette qui se décalquait du tourbillon qui l’entourait. C’était celle d’un loup.

Un loup blanc s’était figé dans le mouvement de son univers et la fixait, elle. Clara ressentit d’abord le serrement dans sa poitrine qui caractérisait la peur. Il n’y avait pourtant eu aucun bruit, pas même un craquement de branche. Le silence abstrait du vent était et avait toujours été présent. Le loup restait là, ne clignant même pas des yeux. Clara voyait sa fourrure onduler sous le souffle du vent, mais la neige ne se déposait pas sur lui comme sur elle. S’il décidait de la dévorer, ou si la meute accourait, sa vie finirait sur le bord de ce chemin.

Une rafale de neige tomba à ce moment de l’arbre qui la protégeait du vent. Prise par surprise, Clara n’avait pas réagi et s’était retrouvée à moitié ensevelie. Dans d’autres circonstances, elle aurait ri, cependant le froid qui la gagnait l’empêchait de lutter. Et si, la mort et le silence l’absorbaient, serait-ce si mal, maintenant que sa vie prenait tranquillement le chemin du non-sens ? Clara devait se l’avouer, elle n’avait plus beaucoup d’ambition. S’exiler avait été son ambition.

Lorsqu’elle voulut fermer les yeux, le loup revint. Il était tout près d’elle ; Clara pouvait sentir son haleine. Cette fois, pourtant, elle ne ressentait pas vraiment de crainte. Une certaine résignation mêlée de soulagement l’habitait. Le silence avait été rompu par le souffle chaud du loup, qui n’avait finalement peut-être pas l’intention de la manger. L’animal commença à gratter la neige qui était tombée sur Clara. Elle n’était pas en état de se poser des questions, si près de la fin.

Le loup recula de quelques pas, Clara se leva, secoua son manteau et planta son regard dans celui du loup. Ce qu’elle y trouva dépassait ce que l’on pouvait attendre d’un animal, plus encore que ce que l’on voit dans celui d’un homme, d’une femme ou d’un enfant. Cela surpassait l’intelligence, bien au-delà. Clara ne savait tout simplement pas ce que c’était. Elle lui était reconnaissante et il le comprenait.

Le loup s’en alla, se replanta où il avait été. Une voiture s’arrêta, un homme en sortit, mais Clara ne quittait pas le loup blanc des yeux. L’homme suivit son regard et ne vit alors que le mouvement incessant de la neige. Clara s’en doutait bien ; c’était elle, depuis le début, qui avait été le loup.

Véronique Hamel

 

ÉCRIRE POUR LE PLAISIR

On écrit pour raconter. On écrit pour se souvenir. On écrit pour rêver. Les élèves de l’école Avé Maria ont écrit pour le plaisir. Dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, en collaboration avec Laurence-Aurélie Théroux-Marcotte, une jeune auteure qui publiera sous peu son premier roman aux éditions Les 400 coups, les élèves ont vécu une expérience littéraire enrichissante. Ils ont été invités à lire le début de l’histoire de la jeune écrivaine pour ensuite se prêter au jeu d’en inventer la conclusion.

Parmi tous les textes écrits, un texte lauréat par classe a été soumis à un comité littéraire formé d’enseignants. Lors d’un grand rassemblement au gymnase de l’école, les conclusions amusantes et rocambolesques ont été lues et les élèves se sont alors mérité de beaux livres. Il va sans dire que la « vraie » fin de l’histoire a finalement été racontée. Quoi de mieux pour donner le goût à nos jeunes de lire et d’écrire !

Livre et plume

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