Gabriel Michaud et Sandrine Lussier remportent des prix au prestigieux concours littéraire de l’AMOPA

La Commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC) est fière d’annoncer que Gabriel Michaud, élève de l’école Jean-Jacques-Bertrand, a reçu le deuxième prix du concours littéraire de l’Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques- France (AMOPA-France), dans la catégorie Nouvelle (prix Maupassant) pour son texte intitulé Rob.

Pour sa part, Sandrine Lussier, élève de l’école de la Haute-Ville, est lauréate dans la catégorie Nouvelle, mais cette fois pour AMOPA-Québec, grâce à son texte intitulé Un mystérieux bouquin.

L’AMOPA vise, entre autres, à encourager le travail des élèves, défendre la langue et la culture francophone tout en tant étant un important carrefour culturel international.

Gabriel et Sandrine

Gabriel et Sandrine


ROB
Gabriel Michaud

Mise en contexte
En 2136, les premières forces mondiales telles que le Canada, la Russie, la Grande-Bretagne, les États-Unis et la Chine ont réalisé que l’état de la planète se dégradait à une vitesse affolante et elles se sont alliées pour créer un organisme qui créera une flotte de supervaisseaux pour permettre à l’humanité de se perpétuer dans le temps.

***

Par un après-midi d’octobre, le 27 de l’an 2205, Rob, un jeune adulte de 25 ans, très intelligent et curieux, vient de finir son stage, en tant que policier en herbe. Il a passé haut la main le test de Policiers 101 à bord de l’Entropie 09. Rob est un jeune homme renfermé sur lui-même et plutôt rêveur. Il est très grand et a une magnifique chevelure brune. Il a de grands yeux bleus perçant et vifs. Il a l’air d’une grosse brute, mais à son for intérieur, il est très sensible. Le rêve de Rob est d’être à la tête du vaisseau et de pouvoir communiquer avec les autres navires pour transmettre ses idées. L’Entropie est un vaisseau très sophistiqué et très moderne. Il est muni de cinq moteurs électriques et il est aussi équipé d’une génératrice pour chacun des moteurs au cas où il n’y aurait pas d’étoiles suffisamment près pour recharger les batteries. Le colosse navire possède plus de quinze ponts et chacun a sa spécialité! Du magasinage à l’hôpital, en passant par l’hôtellerie. Tout est à portée de main pour vivre longtemps et en santé!

Lors de sa patrouille quotidienne, Rob reçoit un appel du centre de contrôle. La sentinelle haut gradée lui ordonne d’aller patrouiller le niveau des moteurs et de l’alimentation du vaisseau. Il s’y rend avec plusieurs camarades. Ils se mettent tout de suite au travail, mais ne découvrent rien. En retournant vers la porte, il aperçoit, du coin de l’œil, quelque chose qui brille. Il fait volte-face, puis se penche pour observer de plus près le petit objet. C’est une petite boîte blanche soudée, à chaque extrémité. Il la met dans sa poche arrière et apporte l’objet au centre de contrôle.

Sur place, il tend l’objet à la sentinelle qui l’avait interrompu dans ses pensées. Elle lui ordonne d’aller au laboratoire pour le faire examiner. Il marche quelques minutes, puis arrive aux portes du laboratoire. Celles-ci franchies, il donne l’objet à un scientifique qui insère la petite boîte sous une loupe pour mieux l’examiner. Il prend un chalumeau avec une pointe minuscule et commence à faire fondre les soudures. Le scientifique réussit à ouvrir la boîte : « C’est une bombe, Rob! » alors que les autres n’en croient pas leurs yeux. Il y a un affichage numérique qui indique le temps qu’il reste : 15 minutes. Rob alerte la sentinelle au centre de contrôle, synchronise le décompte, avec sa montre, puis court vers la salle des machines. Toute l’équipe cherche le plus rapidement possible les petites boîtes blanches. Il y en a sur les moteurs, sur les batteries, sur les poutres et même sur les portes! Cinq minutes… Le temps file vite comme l’éclair. Rob amasse plus de quinze nanobombes. Rob se précipite vers une trappe à déchets, met les bombes à l’intérieur puis, presse sur le bouton éjection. Sa montre commence à sonner. Il a réussi à sauver le neuvième vaisseau de la flotte! Le chef de la sécurité le rejoint dans le corridor et l’invite dans son bureau. Rob, encore essoufflé de sa course effrénée, demande un verre d’eau à son supérieur. Le chef lui remet le verre, puis prend la parole. Il le remercie de sa bravoure et lui remet sa promotion qui consiste à remplacer le commandant du centre de contrôle. Ému, il reprend son souffle et remercie le chef, avec beaucoup d’émotion. Le chef lui rappelle toutefois que même s’il a été promu, il doit demeurer concentré sur le travail et que même s’il a sauvé le neuvième vaisseau de la flotte, il doit quand même trouver qui voulait s’en prendre à un vaisseau qui empêche l’éradication de la race humaine.

Content et satisfait, mais fatigué, un garde lui montre ses nouveaux quartiers de commandant. La chambre est spacieuse avec un hublot et un petit lit. Le lendemain, il se lève tôt et se rend à son poste. Il examine tout ce qu’il a à sa disposition pour arriver à retrouver le rabat-joie. Il se rend au laboratoire où le scientifique a réussi à désamorcer la bombe avant qu’elle n’explose. Rob lui demande ce qu’il a trouvé. Il croit que celui qui a créé ces bombes est vraiment intelligent, car il n’en a jamais vu aussi bien conçues que celles-ci. Il sait que des empreintes de doigts sont présentes, mais elles sont presque effacées et il n’a pas pu les décrypter. Rob le félicite et remercie ensuite le scientifique pour son travail, puis retourne à son poste. Son ami, qui est aussi son garde du corps, connait quelqu’un qui peut l’aider à identifier les empreintes, mais ce dernier n’est pas vraiment un ami de la loi. James, le garçon en question, qui est aussi une sentinelle, lui promet de le lui présenter, mais Rob doit promettre de ne rien dire, car il tient à son ami et il ne veut pas le retrouver en prison. Rob accepte et James se dirige aussitôt vers l’ascenseur. James lui bande seulement les yeux, pour être certain qu’il ne sache pas le lieu il se taire et qu’il puisse le dénoncer.

Rob se retrouve dans un endroit sombre, éclairé uniquement par des lumières noires. Il est assis à une table ronde et à l’autre bout de cette dernière, quelqu’un l’observe. Son visage est caché par l’ombre du capuchon de son chandail. Il se met à parler et Rob veut être le plus coopérant possible. L’ami de James expose ses conditions et Rob accepte. Les lumières s’allument d’un coup et Rob se cache les yeux. Il leur laisse le temps de s’adapter à la lumière, puis il tend la petite boîte blanche à l’homme qui lui ordonne de le suivre. Rob se retrouve par la suite dans un laboratoire, avec une énorme machine qui domine l’espace. L’homme, masqué, pose la boîte dans un socle et appuie sur un bouton. Le plateau se referme avec le socle et la boîte. La machine scanne la bombe et lui applique une très mince couche de cire. L’appareil sèche la cire, la retire et la dépose dans un petit contenant en plastique et celle-ci tombe, à la façon d’une machine distributrice. L’homme masqué remet le contenant et son précieux contenu à Rob. Il remercie l’homme, puis il repart comme il était venu. Rob se retrouve devant la porte de son bureau. Il entre, ouvre un tiroir et dépose la mince couche de cire sur une plaque de métal. Un hologramme paraît et affiche le nom de la personne qui a commis le crime : Artème Boucher. Rob remercie grandement son ami de l’avoir aidé. Il lui ordonne d’aller chercher les trois meilleures sentinelles pour l’aider à chercher l’intrus. Les dernières coordonnées de l’intrus datent d’il y a à peine deux semaines. Rob et les gardes montent dans l’ascenseur. James presse le bouton du cinquième étage. Il y a quatre niveaux de logements, mais les coordonnées d’Artème précisent le premier. Arrivés, ils se dirigent vers la droite. Ils marchent pendant une bonne dizaine de minutes, avant de tomber sur la porte 21 402. Ils frappent à la porte. Rob s’identifie et présente son badge. Il expose le mandat d’arrestation à Artème qui se montre très coopérant. Il se retourne, puis se fait menotter. Les sentinelles l’escortent jusqu’à la prison, au même niveau que le centre de contrôle où il passera la nuit.

Après une bonne nuit de sommeil, son supérieur le convoque dans son bureau. Rob s’assoit, puis écoute son supérieur. Le chef de la sécurité lui remet une lettre. Il est curieux et n’ose pas l’ouvrir, mais son supérieur lui dit qu’il est autorisé à en prendre connaissance. Il l’ouvre donc sur-le-champ et commence à la lire. Son supérieur fait mention d’un remerciement pour avoir trouvé le coupable qui aurait pu mettre fin à une partie de l’humanité. Il lui propose donc de prendre sa place, car il n’a rien fait d’aussi brave depuis qu’il est à ce poste. Rob, ému, accepte, à condition que James soit glorifié aussi. Le chef est heureux de pouvoir compter sur quelqu’un qui sera meilleur que lui. Rob annonce la bonne nouvelle à James, lui montre ses nouveaux quartiers, puis ensemble, ils retournent voir le suspect qu’ils ont démasqué la veille. Rob et James s’assoient à la table avec le suspect. Artème est très calme et semble vouloir coopérer. Rob lui demande la raison pour laquelle il voulait mettre fin à une partie de l’humanité. Artème répond qu’il avait besoin d’argent et quelqu’un l’a approché; il avait un travail pour lui. Il allait lui donner une somme importante s’il acceptait d’aller installer des bombes sur les moteurs. Rob lui demande alors qui l’a approché. Il ne connaît pas son nom, mais il sait à quoi il ressemble. James va donc chercher un calepin et commence à dessiner, selon les indications d’Artème. Dès qu’il finit de dessiner, il pose le calepin sur une table, puis un laser examine le dessin et le reproduit sur l’ordinateur. Rob lance la recherche dans la base de données. Après une quinzaine de minutes, l’ordinateur émet un bruit pour prévenir qu’il a trouvé une correspondance. Rob et James se regardent, d’un air surpris : la personne correspondante est l’administrateur du vaisseau! Les questions noient les pensées de Rob. Rob et James prennent une dizaine de sentinelles, puis avancent vers l’ascenseur. Ils montent au dernier étage. Ils sortent de l’ascenseur, puis courent vers l’administrateur. Il les attendait, assis sur sa chaise, conscient de l’ampleur du geste et de la sanction qu’il aura. Il ira en cour et probablement qu’il sera condamné à la prison à vie. Rob et James l’emmènent dans une cellule d’isolement où il sera détenu, en attendant son procès. Vu qu’il n’y a plus d’administrateur, Rob annonce la situation à la population du vaisseau. Il explique les exploits des derniers jours de son équipe. Ils doivent élire un nouvel administrateur, à la suite des derniers événements. Il envoie donc un sondage, rédigé d’une seule question, sur toutes les tablettes électroniques. Cinq minutes plus tard, toute la population a répondu avec une réponse positive à 95 %.

Une semaine plus tard, une cérémonie est organisée pour célébrer l’élection du nouvel administrateur. C’est la première fois qu’un administrateur, aussi jeune, est élu. À 27 ans, le jeune Rob est le premier dirigeant à n’avoir qu’un diplôme en sécurité et non en gestion. Il n’eut plus d’attentat sur aucun vaisseau de la flotte de l’Entropie. Certains disent que les terroristes ont trop peur de l’efficacité du virtuose Rob.


Le mystérieux bouquin
Sandrine Lussier

C’était un matin venteux, je marchais avec difficulté sur le trottoir enneigé. Le froid avait fait rougir mes joues joufflues et gelé mon nez retroussé. Par chance, j’avais enfilé mon immense pelisse. Mes longs cheveux blonds virevoltaient dans la tempête grandissante. À travers mes lunettes, j’aperçus soudainement l’objet tomber. Je courus pour le redonner à son propriétaire, mais celui-ci disparut derrière une rafale de neige. Alors, je rangeai la modeste trouvaille et entrai dans la bibliothèque. Je m’installai confortablement et commençai à réviser. Étant donné qu’on m’avait offert une bourse en littérature, je tenais à me surpasser.

Après plusieurs heures d’études acharnées, je pris une pause et examinai ma découverte. C’était un vieux journal dont la reliure était ornée de dorure. Un modique cadenas rouillé le refermait. Sur la couverture, une note défraîchie était inscrite. Je la lis tout bas : « Attention, l’abus du savoir pourrait causer votre perte. Personne n’est éternel. » J’étais tellement intriguée que je n’y accordai aucune importance. Je tirai alors sur le fragile verrou et les pages se mirent à tourner.

Subitement, un courant froid s’échappa du bouquin et tout devint noir autour de moi. Je paniquai ne comprenant aucunement ce qui m’arrivait. Tout à coup, j’étais en cours. Sur mon bureau, l’examen était posé. Je le feuilletai et au même moment, je compris ce qui se passait. J’étais demain, donc dans le futur. Je revins alors progressivement au présent. J’étais déconcertée, mais, trop curieuse, je décidai donc de replonger dans ce qui ne me semblait qu’un rêve.

Cette fois, j’étais sur une scène vêtue de mes plus beaux atours tel un paon de ses plus belles plumes. À l’avant, une foule s’exclamait. C’était le jour de la cérémonie de fin d’études. J’étais à deux doigts d’avoir mon diplôme en main, quand frénétiquement je revins à la réalité. Le sourire aux lèvres, je contemplai avec engouement mon précieux trésor.

***

Quelques mois plus tard, je continuai toujours à découvrir mon destin grâce au livre archaïque, cependant cela devenait de plus en plus terrifiant. J’étais si dépendante que, dès que j’en avais l’occasion, j’allais vivre ma vie ultérieure. Néanmoins, cette fois, j’allai trop loin. J’ouvris le journal et le processus s’enclencha. Je me retrouvai sur l’autoroute. C’était glissant et j’avais du mal à contrôler l’auto. C’est à ce moment que j’aperçus le robuste camion dans mon angle mort. À cet instant précis, j’aurais voulu ne jamais ouvrir ce bouquin, car maintenant, je connaissais parfaitement ma destinée. L’instant d’après, j’étais étendue sur une civière, tous criaient, couraient, s’affolaient autour de moi et me suppliaient de revenir à la vie. Pendant ce temps, dans mon for intérieur, mon souffle diminuait, tandis que mon cœur s’emballa, puis ralentit et dans une ultime défaillance, ma vie s’arrêta soudainement à ce moment précis et se tut.